PSYCHOPEDAGOGUE, PSYCHOLOGUE, ORTHOPHONISTE : QUI FAIT QUOI ?

Votre enfant a des difficultés à l’école. Votre médecin vous parle de bilan. Une amie vous conseille un orthophoniste. Une autre évoque un psychologue. Et quelqu’un vous a mentionné la psychopédagogie sans vraiment pouvoir vous expliquer ce que c’est.

Difficile de s’y retrouver. Pourtant, ces professionnels n’interviennent pas sur les mêmes questions — et savoir les distinguer peut vous éviter des mois d’attente inutile ou d’orientation inadaptée.

Le psychologue : comprendre le fonctionnement psychique

Le psychologue est un professionnel de santé mentale. Il s’intéresse au fonctionnement psychique de la personne — ses émotions, son histoire, ses relations, ses éventuelles souffrances intérieures.

Il peut réaliser des bilans psychologiques ou psychométriques — notamment pour évaluer le quotient intellectuel, repérer des troubles comme le TDAH, le haut potentiel ou des troubles du comportement. Il peut également proposer un suivi thérapeutique, notamment pour accompagner une dépression, une anxiété sévère ou un traumatisme.

Le psychologue pose des diagnostics ou contribue à les établir. Il travaille souvent en lien avec un médecin ou un pédopsychiatre.

À qui s’adresser ? Si vous vous interrogez sur le fonctionnement psychologique de votre enfant, si vous observez une souffrance émotionnelle importante, des troubles du comportement ou si un bilan cognitif est nécessaire.

L’orthophoniste : travailler le langage et la communication

L’orthophoniste est un professionnel paramédical. Son domaine est le langage — oral et écrit — ainsi que la communication, la déglutition et certaines fonctions cognitives liées au langage.

Il intervient sur des troubles spécifiques et diagnostiqués : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, bégaiement, troubles de la parole, retard de langage. Il travaille sur les mécanismes — comment l’enfant lit, écrit, articule, comprend — et propose une rééducation ciblée.

L’orthophoniste rééduque des fonctions. Ses séances sont prescrites par un médecin et peuvent être remboursées par l’Assurance Maladie.

À qui s’adresser ? Si votre enfant a des difficultés persistantes en lecture, en écriture, en calcul, ou si un trouble du langage a été repéré par l’école ou le médecin.

Le psychopédagogue : comprendre ce qui empêche d’apprendre

Le psychopédagogue n’est ni un professionnel de santé, ni un rééducateur. Il travaille à l’intersection de la psychologie et de la pédagogie — là où les deux se rejoignent dans l’acte d’apprendre.

Son domaine, c’est ce que le psychopédagogue Serge Boimare appelle les empêchements d’apprendre et de penser : ces situations où une personne — enfant, adulte, enseignant — a les capacités pour apprendre, mais où quelque chose l’en empêche. Ce quelque chose n’est pas un trouble neurologique. Ce n’est pas non plus une maladie psychique. C’est un mécanisme interne — émotionnel, cognitif ou relationnel — qui bloque l’accès à la pensée.

L’enfant qui sait sa leçon le soir et a tout oublié le lendemain matin. Le parent qui s’épuise à aider son enfant sans trouver les bons mots. L’adulte qui remet ses révisions à demain depuis des mois. L’enseignant qui ne trouve plus de sens à ce qu’il fait. Ce sont les situations que le psychopédagogue cherche à comprendre — et à dénouer.

Le psychopédagogue ne pose pas de diagnostic. Il ne fait pas de soutien scolaire. Il ne se substitue pas aux autres professionnels — il travaille en complémentarité avec eux, et oriente vers eux lorsque la situation le nécessite.

À qui s’adresser ? Si votre enfant ou vous-même avez les capacités mais n’arrivez pas à les mobiliser — si quelque chose résiste malgré les efforts, sans qu’on sache vraiment pourquoi.

Peuvent-ils travailler ensemble ?

Oui — et c’est souvent la meilleure configuration. Un enfant dyslexique suivi par un orthophoniste peut bénéficier en parallèle d’un accompagnement psychopédagogique pour travailler son rapport à l’erreur et restaurer sa confiance. Un adulte suivi par un psychologue peut trouver dans la psychopédagogie un espace pour travailler ses blocages concrets face à l’apprentissage.

Ces trois professionnels ne se font pas concurrence. Ils éclairent des angles différents d’une même réalité — et leur complémentarité est souvent ce qui fait la différence.

En résumé

 

Psychologue

Orthophoniste

Psychopédagogue

Domaine

Psychisme

Langage

Apprentissages

Pose un diagnostic

Oui

Oui

Non

Remboursé

Partiellement

Oui

Non

Pour qui

Souffrance psychique, bilan cognitif

Troubles du langage diagnostiqués

Empêchements d’apprendre sans trouble identifié

Vous vous interrogez sur ce qui empêche votre enfant — ou vous-même — d’apprendre sereinement ?

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LES EMPECHEMENTS D’APPRENDRE  — QU’EST-CE QUE C’EST VRAIMENT ?

 

Il travaille. Il s’investit. Il recommence. Et pourtant, ça ne passe pas.

Elle comprend en classe, semble suivre, participe même. Mais le lendemain matin, c’est comme si tout avait disparu.

Lui a décidé de reprendre ses études. Il a toutes les ressources pour y arriver. Mais chaque fois qu’il s’assoit devant ses cours, quelque chose le paralyse.

Ces situations ont un point commun : les capacités sont là. La volonté aussi, souvent. Et pourtant, apprendre ne se fait pas. Quelque chose résiste. Quelque chose empêche.

Ce quelque chose a un nom.

 

La notion d’empêchement, selon Serge Boimare

Le psychopédagogue Serge Boimare a passé sa carrière à travailler avec des enfants en grande difficulté scolaire — des enfants que l’école avait souvent renoncé à comprendre, étiquetés « agités », « démotivés », « incapables de se concentrer ».

Ce qu’il a observé, et théorisé, c’est que ces enfants n’étaient ni paresseux ni incapables. Ils étaient empêchés.

Empêchés d’apprendre. Empêchés de penser. Par des mécanismes internes qui se déclenchaient dès que la situation d’apprentissage devenait trop exigeante sur le plan émotionnel ou cognitif.

Un empêchement d’apprendre, c’est donc ce qui bloque l’accès à la pensée — non pas par manque de capacités, mais par activation de mécanismes de défense internes. L’esprit se protège en se fermant. Et cette fermeture empêche précisément ce qu’on lui demande de faire : apprendre, réfléchir, comprendre.

 

Comment ça se manifeste ?

Les empêchements ne ressemblent pas toujours à ce qu’on imagine. Ils prennent des formes très diverses selon les personnes et les contextes.

Chez l’enfant, on peut observer un refus brutal d’ouvrir les cahiers, des pleurs dès qu’on évoque les devoirs, une agitation qui surgit au moment de se mettre au travail, ou au contraire une passivité totale — l’enfant qui « ne fait rien » et semble absent. Parfois, c’est plus subtil : un enfant qui travaille beaucoup mais n’arrive pas à retenir, ou qui comprend à l’oral mais bloque à l’écrit.

Chez l’adulte en reprise d’études, l’empêchement ressemble souvent à de la procrastination — on remet à demain, on s’occupe d’autre chose, on trouve mille bonnes raisons de ne pas commencer. Ou à de l’anxiété d’évaluation — paniquer à l’examen alors qu’on connaît son cours. Ou encore au syndrome de l’imposteur — la conviction profonde qu’on n’est « pas fait pour ça », qu’on va forcément échouer.

Chez l’enseignant, l’empêchement peut prendre la forme d’un épuisement qui ne passe pas avec les vacances, d’une perte de sens progressive, d’une incapacité à penser sa pratique avec la distance nécessaire. On ne sait plus pourquoi on fait ce métier. On tient, mais on ne sait plus comment.

 

Ce que l’empêchement n’est pas

Il est important de distinguer les empêchements d’apprendre de ce à quoi on pourrait les confondre.

Ce n’est pas un trouble. La dyslexie, la dyscalculie, le TDAH sont des troubles neurologiques ou neurodéveloppementaux qui se diagnostiquent et se rééduquent. L’empêchement n’est pas de cet ordre — il ne se diagnostique pas. Il se comprend.

Ce n’est pas un manque d’intelligence. Les personnes empêchées ont souvent des capacités tout à fait normales, voire supérieures. Ce n’est pas leur intelligence qui est en cause — c’est l’accès à cette intelligence qui est bloqué.

Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est peut-être le malentendu le plus douloureux. L’enfant qu’on accuse de paresse, l’adulte qui se reproche son manque de discipline, l’enseignant qui se juge sévèrement — tous souffrent d’une même incompréhension : on les tient responsables de quelque chose qu’ils ne choisissent pas.

 

D’où viennent les empêchements ?

Les empêchements naissent à l’intersection de l’histoire de la personne et des exigences de la situation d’apprentissage. Ils peuvent avoir des racines très différentes selon les individus.

Une peur de l’erreur ancrée depuis l’enfance. Une expérience scolaire douloureuse jamais vraiment digérée. Une surcharge émotionnelle qui absorbe toute l’énergie disponible. Un sentiment d’illégitimité profond. Des conflits de loyauté — apprendre, réussir, c’est parfois trahir quelque chose ou quelqu’un.

Chaque empêchement a son histoire. Et c’est précisément pour cela qu’il ne se traite pas avec une méthode universelle — il se comprend dans la singularité de chaque personne.

 

Que fait le psychopédagogue face à un empêchement ?

Le travail psychopédagogique ne consiste pas à forcer l’entrée dans l’apprentissage. Il consiste à comprendre ce qui bloque — à nommer l’empêchement, à explorer son origine, à construire progressivement les conditions dans lesquelles la pensée peut à nouveau circuler librement.

Ce n’est pas de la thérapie. Ce n’est pas du soutien scolaire. C’est un espace pour penser ce qui empêche de penser — et pour retrouver, pas à pas, le chemin vers l’apprentissage.

 

Vous vous reconnaissez dans l’une de ces situations — pour vous ou pour votre enfant ? Un premier échange de 20 minutes peut suffire à mettre des mots sur ce qui résiste. Mon Calendly est disponible ici : https://calendly.com/cabpsychopedagogie

 


 

OUTILS CONCRETS SUR LES EMPECHEMENTS

Voici la première fiche — L’effaçable.

Ces 6 outils ont un point commun : l’erreur disparaît avant même d’avoir pu faire peur. Pas de trace, pas de jugement, pas de feuille qui reste. La pensée accepte de se risquer — parce qu’elle sait qu’elle peut recommencer.

Les 6 outils de cette fiche :

  • L’ardoise
  • Le tableau blanc individuel
  • La feuille plastifiée
  • Le sable ou la semoule
  • La pâte à modeler
  • L’application numérique

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